Didier Raoult “ce n’est pas la même épidémie à laquelle nous assistons depuis le début”

Vidéo du professeur Didier Raoult, diffusée le samedi 21 novembre 2020 sur la chaîne Youtube IHU Méditerranée-Infection.

Retranscription écrite et éléments visuels ci-après :

Evolution de l’épidémie

Professeur Didier Rahout, que constatez-vous dans l’évolution récente de l’épidémie de coronavirus à Marseille ?

On voit que le nombre de cas est en train de s’effondrer à une vitesse étonnante, sans que nous ayons changé nos paramètres de mesure, puisque nous utilisons les mêmes depuis le tout début, c’est à dire depuis janvier.

Depuis janvier on teste de la même manière : on rend les résultats positifs avec le même niveau, c’est à dire le 35 CT.

Et donc on voit sur ce premier travail que le pic a été atteint vers la fin du mois d’octobre et que depuis ça n’arrête pas de descendre.

On est passé du pic de cet épisode épidémique, dans les gens qui venaient directement à l’IHU se faire détecter, de 219 à 26.

Donc il y en a 10 fois moins maintenant et la pente est en train de diminuer de manière absolument spectaculaire.

Ceci se voit aussi si on est sur une plus grande échelle c’est à dire : à peu près 1500 personnes par jour avec tous les prélèvements qu’on nous envoie des hôpitaux de l’extérieur.

On voit que c’est exactement la même tendance et on voit que ceci se traduit avec un tout petit délai, ce qui est normal, dans le nombre d’hospitalisations qui décroît de manière très significative.

Le nombre d’hospitalisations en réanimation est en plateau, ce qui normal parce que les patients restent un certain temps en réanimation, mais on voit que cela n’augmente plus. C’est à dire qu’il n’y a pas plus d’entrées qu’il n’y a de sorties.

Les choses paraissent stabilisées, même si l’avenir reste incertain

Globalement ce qui est en train de se passer, avec une pente qui est un peu de même nature que celle du premier acte, une diminution très rapide du nombre de cas.

Du coup la question qu’on peut se poser et à laquelle tout le monde va essayer de répondre maintenant qu’on commence à avoir des données, c’est :

Quelle est l’importance des mesures sociales dans le contrôle de cette épidémie ?

Nous l’avons représenté sous une autre forme : avec d’un côté l’épidémie tel qu’on l’a mesurée nous à Marseille avec tous les patients de l’hôpital universitaire (pas uniquement ceux de l’IHU).

Ce que l’on voit c’est que la la fermeture des restaurants est arrivé au moment où la pente de la première scène du deuxième acte était en train de diminuer de manière spectaculaire et qu’au contraire elle a remonté avec la fermeture des restaurants. Donc on peut pas en conclure que les fermetures de restaurants ont aidé à contrôler la première partie.

Le confinement lui en revanche est arrivé aussi au début de la chute brutale du nombre de
cas. Et ceci avait été anticipé par les dosage que font les pompiers dans les égouts, qui mesurent avec un peu d’avance sur nous, il faut dire la réalité, les augmentations les descentes. Ils avaient pu voir l’augmentation avant qu’on la voit nous et ils ont pu voir la descente avant qu’on la voit nous.

Donc on ne peut pas voir sur ces données, d’effets des mesures sociales contraignantes sur l’évolution de l’épidémie qui a donc d’autres raisons pour évoluer que celle là.

Ceci est confirmé : il y a deux très jolis travaux qui sont à voir et à lire.

Les effets associés à une augmentation importante de la mortalité

L’un qui a été fait par Jean-François Toussaint dans Frontiers in Public Health.

Il montre sur cette carte quels sont les effets qui sont associés à une augmentation importante de la mortalité dans la population et quels sont les effets qui sont protecteurs.

Ce n’est pas une surprise pour nous depuis qu’on commence à y réfléchir : c’est dans les pays les plus riches que la mortalité a été la plus élevée. C’est en grande partie les pays dans lesquels les structures sanitaires étaient censés être les meilleurs.

Bien-sûr il y a des cofacteurs : l’obésité, les problèmes de l’espérance de vie très longue (mais en plateau le nombre de cancers) ; mais cela n’est pas lié au fait qu’il y ait un financement important de la santé.

C’est paradoxal : ce sont les pays dans lesquels il y a le financement de la santé plus
important où il y a la mortalité la plus élevée

Qu’y a-t-il de plus protecteur ?

Il y eu moins de morts dans les pays qui connaissent les maladies infectieuses.

Ça c’est la première fois qu’on le dit : c’est à dire des gens qui ont encore un problème avec les maladies infectieuses savent gérer les maladies infectieuses.

Tandis que les pays les plus riches, pour qui cela a cessé d’être une priorité, ne savent pas le faire.

Et donc c’est une vraie priorité dans les pays dans lesquels la mortalité par maladie infectieuse reste une cause importante de mortalité.

Les pays dans lequel les maladies chroniques sont devenues les cause importantes de mortalité manifestement sont moins bien préparés à cet aspect là.

Ce qu’on voit en haut de la carte veut dire que c’est neutre, c’est à dire que ça n’est pas quelque chose qui influence :  Il s’agit de l’effet des mesures sociales de contraintes sur le fait qu’il y ait plus ou qu’il y ait moins de morts.

Donc on voit là dessus qu’il y a un paradoxe que je souligne depuis longtemps : c’est les plus riches qui ont payé le tribut le plus élevé et une des explications c’est celle là : ceux qui ont le plus l’habitude des maladies infectieuses s’en sortent mieux.

Lien vers l’article : Covid-19 Mortality: A Matter of Vulnerability Among Nations Facing Limited Margins of Adaptation, de Quentin De Larochelambert1, Andy Marc1, Juliana Antero1, Eric Le Bourg et Jean-François Toussaint.

L’importance de la précocité des tests

Un autre travail que je vous recommande est accessible aussi. C’est un travail de deux collègues parisiens (il n’y a pas que des marseillais dont je parle).

C’est un travail de Vincent Jarlier dont je parle souvent, qui montre montre ces corrélations :

Qu’est-ce qui est fonctionnel ? Qu’est-ce qu’on peut relier au nombre de décès ?

Quand on regarde, ça n’est ni les mesures de contrainte ni l’urbanisation ni même le pourcentage de la population supérieure 65 ans, mais c’est la précocité de la mise en place des tests diagnostiques. Cela pour lequel nous avons eu un retard très important, sur lequel je me suis exprimé à plusieurs reprises.

Donc si ce n’est pas les mesures contraignantes qui ont fait ça si ce n’est pas la pauvreté qu’est ce que c’est ?

Un “covid-19” mais différents variants

Cela fait un moment que je lis que en réalité ce n’est pas la même épidémie à laquelle nous assistons depuis le début.

Par exemple ici c’est le premier variant que l’on a eue et qui s’est répandu dans le monde un peu partout (on a quelques cas sporadiques mais pas plus).

Il a celui qu’on a appelé Marseille 1 qui a donné une petite épidémie ici en revenant par
bateau du Maghreb et on va voir d’une manière très intéressante qu’il ne s’est pas implanté ici durablement (il a duré un mois) et il ne s’est pas implanté ailleurs en France. Donc c’est rester ici !

Et ça c’est très intéressant parce qu’on va voir maintenant : les autres ont commencé à faire des génomes aussi et donc on ne retrouve pas ce génome de Marseille 1 ailleurs qu’à Marseille. Donc c’est très intéressant.

Ensuite il y a ce Marseille 2 qui s’est répandu, on va le voir, aussi ailleurs et puis ce Marseille 4, dont on a l’impression que c’est celui dont on voit actuellement l’épidémie se diminuer, qui a causé notre deuxième partie de cette courbe très atypique en dos de chameau. Ceci parce qu’il y avait un premier épisode avec le Marseille 1, une confusion avec ce Marseille 2 et puis ce Marseille 4 qui a pris le dessus et qui a déterminé le trait dans nombre de cas.

Quand on est les premiers à dire quelque chose, certains ont l’habitude de dire que ce n’est pas vrai.

Enfin comme les gens finissent par faire les mêmes choses que ce qu’on avait fait avant, ils finissent par trouver la même chose que nous quand même !

Donc là vous voyez enfin tous les génomes que l’on a en France.

Au moment où nous avons commencé à parler de ça il n’y avait pas encore de disponibles de génomes de la deuxième épidémie, donc bien sûr personne ne voyait les variants que nous voyons.

Nous avons vu les variants et on voit que c’est pareil : Celui que nous avons eue le plus communément c’est le 4 et vous voyez que dans le reste de la France aussi c’est le 4. C’est aussi celui qu’on trouve le plus en Europe.

Vous voyez c’est celui qui s’est le plus répandu dont on a l’impression qu’il est actuellement en fin d’évolution. Le deuxième qu’on voyait le plus c’est le 5 et vous voyez que le 1 qui était celui qui nous a donné cette épidémie de juillet arrivée en bateau est resté à Marseille et on ne le trouve pas ailleurs.

Donc ce sont des phénomènes qui sont liées à des micro-épidémies dues à des variants.

Vous voyez par exemple ce variant que nous ici on avait identifié rarement comme étant Marseille 9, ici à Marseille a très peu sévi, mais manifestement il y a des gens qui en ont
beaucoup séquencé. Donc il y a des endroits dans lequel il a été plus fréquents que ce qu’il n’a été ici.

On a maintenant plusieurs cas de patients qui ont fait une première infection avec ce premier variant du premier acte et qui ont fait une infection avec le Marseille 4, du deuxième acte.

Je pense que les gens vont être lucides sur le fait qu’il existe des variants et des variants distincts et qu’on peut faire une infection avec un deuxième virus très proche qu’on appelle aussi le Covid-19.

Je ne sais pas si c’est le fait que l’immunité acquise est insuffisante pour protéger même contre le même virus ou si c’est que cette immunité acquise contre un variant ne marche pas pour un autre variant.

Ce sera des questions qu’il faudra bien résoudre pour essayer de mettre un vaccin au point, s’il y en un qui se met en place un jour.

L’OMS ne recommande plus le Remdesivir

Enfin, les choses se clarifient dans plusieurs journaux très importants dont un que j’ai mis en ligne sur le British Medical Journal.

Des gens commentent et j’ai vu que même l’OMS ne recommande plus le Remdesivir qui est un médicament qui ne marche pas !

Je voudrais bien qu’en France on en prenne acte aussi et qu’on arrête de recommander la perfusion du Remdesivir qui est un produit complètement inutiles et qu’on met par perfusion pendant dix jours ce qui est dangereux !

Il ne faut pas faire ça, il faut s’arrêter ! Tout le monde le sait maintenant.

Je pense que petit à petit les gens vont prendre la mesure de tout ce qui s’est passé autour
du Remdesivir parce que le scandale du Lancet Gate qui  essayait de faire croire que l’hydroxychloroquine était un produit toxique n’était que l’autre face de la vente du Remdesivir qui est un produit qui ne sert à rien et qui est dangereux à utiliser.

Et donc une fois qu’on aura mis de face en face l’une de l’autre, l’étendue du désastre apparaîtra à tout un chacun.

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