Chloroquine, c’est quoi ?

La chloroquine est une molécule antipaludéenne, bon marché et utilisé depuis plusieurs décennies contre le paludisme, un parasite véhiculé par le moustique.

Cette molécule est dérivée de l’écorce de l’arbre de cinchona, comme la quinine, un antipaludéen vieux de plusieurs siècles.

Sa molécule dérivée plus utilisée, l’hydroxychloroquine

Il existe un dérivé l’hydroxychloroquine, mieux toléré connu en France sous le nom de Plaquénil, qui est utilisé pour le traitement curatif et préventif du paludisme et de certaines maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïdes, lupus…)

Cette molécule, que l’on trouvait davantage dans les livres de médecine tropicale ou dans les bulletins de la Société de pathologie exotique, a été présentée au mois de mars 2020, par le professeur Didier Raoult comme un traitement efficace contre le Covid-19.

Bruno Canard, directeur de recherche au laboratoire architecture et fonction des macromolécules biologiques (CNRS, université d’Aix-Marseille), explique l’effet de la chloroquine sur le coronavirus. « Quand il va entrer dans la cellule, le virus va utiliser un processus qu’on appelle la fusion. Cette fusion a lieu si le milieu est acide. Or la chloroquine empêche cette acidification et donc la fusion, cela a été montré en labo » explique-t-il. Mais il reste prudent. « En laboratoire, cela fonctionne, mais, quand on a essayé sur des modèles animaux ou sur des malades, le traitement n’a pas montré d’efficacité phénoménale. »

Nombre d’infectiologues bondissent en effet, car la chloroquine est brandie par certains chercheurs à chaque épidémie : dengue, zika, chikungunya…

Les données chinoises publiées le 19 février par le département de pharmacologie de l’université de Qingdao sont parcellaires : la chloroquine permet de lutter contre la pneumonie provoquée par le coronavirus, mais les données ne disent rien sur la toxicité ou d’éventuels effets secondaires.

Didier Raoult, comme quatre autres médecins de Marseille, ont annoncé qu’ils n’attendraient pas d’essai clinique. Le professeur Raoult juge l’attente « immorale » et met en avant son serment d’Hippocrate » pour continuer à administrer le traitement.

Plus de détails en vidéo

Vous trouverez plus de détails sur cette vidéo publiée le 24 mars 2020, du journal “Le Parisien” qui définit bien ce qu’est la chloroquine et son lien avec le coronavirus.